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lundi, 15 juillet 2013 04:30

Les élevages atypiques en Finistère

Le Courrier - Le Progrès 18 avril 2013

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Exit vaches, cochons et volailles. Des agriculteurs - considérés par certains comme des illuminés - ont choisi une autre voie. Exemple avec Frédéric Thomas et ses buffles.
On aime bien ne pas faire comme les autres. C'est bien aussi d'être un peu fou.
Frédéric Thomas, un sourire aux lèvres dont il ne se débarrasse jamais, sait que le regard de certains sur l'exploitation de Marisa, sa femme, est parfois suspicieux. Des buffles en plein milieu de la baie d'Audierne, une absurdité, ont-ils pu entendre à leur début, à la fin des années 2010. Et pourtant, leur projet est "tout sauf lancé sur un coup de tête", indique Marisa Thomas.
Nous cherchions un animal qui vit dans les zones humides et qui mange les végétaux que la chèvre ne mange pas.
Le tout afin d'entretenir aussi les 30 hectares qu'ils louent au Conservatoire du littoral.
L'exploitation (qui dénombre 53 chèvres) s'agrandit donc avec l'arrivée, dans un premier temps, de trois bufflonnes.
Nous avons été orientés par le président de l'association BZH, (Buffles en zones humides) basée à Guern (commune au Nord de Lorient). Ils sont, par ailleurs, soutenus financièrement par 44 parrains qui investissent dans l'achat des bêtes.
En contrepartie, nous leur fournissons des colis de viande. Et ceux-ci sont parfois envoyés loin, les investisseurs étant bigoudens mais aussi parisiens, italiens, américains.
Voilà donc que débarquent les premiers buffles en Finistère. Frédéric et Marisa ne comprennent d'ailleurs pas pourquoi personne n'y a pensé avant, tant l'animal apparaît adapté au terrain sur lequel il évolue, ici, à Tréguennec.
En plus, ce sont de vrais nounours, assure Frédéric. A les voir cajoler les bêtes, on n'a pas de mal à les croire. Un atout supplémentaire pour Marisa qui fait visiter sa ferme tous les dimanches et tous les jours durant les vacances estivales.
Nous avons accueilli 6 000 personnes l'été dernier, soit 100 visiteurs par jour attirés par les nouveaux arrivants mais aussi par les produits artisanaux confectionnés par le couple.
Nous faisons le fromage nous-même. Nous proposons aussi, à la vente à la ferme, de la viande de chevreaux. Bientôt, Marisa compte vendre sa production de mozzarella, produit fromager réalisé à partir de lait de bufflonnes et à forte valeur ajoutée.
S'ils vendent en direct, ils assument aussi la vente en circuit court dans quelques supermarchés du pays bigouden. C'est là que les gens achètent de quoi manger. Sur les marchés, les gens se baladent surtout.
Pragmatiques, ils aspirent à se dégager un salaire sous peu, dès que le cheptel de buffles sera suffisant pour pouvoir proposer à la grande distribution du coin leur mozzarella 100 % locale, 100 % bufflonnes.
Sébastien Joncquez